Numéro 3 Dieux et Démons

La vieille

Note de lecture

NÉ EN 1926 À Nakhon Sri Thammaraj, dans le sud de la Thaïlande, Angkarn Kalayanapong a marqué la littérature thaïlandaise de son empreinte originale. Honoré en 1989 du titre prestigieux d’Artiste National de Thaïlande pour l’ensemble de son œuvre littéraire et poétique, il avait reçu en 1986 le SEA Write Award, le plus important prix littéraire thaïlandais. il s’est éteint le 25 août 2012 des suites d’une pénible maladie cardiaque.

Dès ses années de lycée, il a commencé à composer. Licencié de la Faculté des Arts picturaux de l’Université de Silpakorn où il a étudié sous la direction de Corrado Feroci, fondateur de cet établissement, il s’est bien vite, dès les années 50, essentiellement consacré à la composition poétique ; ses premières œuvres lui ont d’ailleurs valu de nombreuses critiques de la part des tenants d’un académisme traditionaliste.

Incontestablement l’un des plus grands poètes thaïlandais contemporains, il a su renouveler l’expression et la thématique d’un genre qui se sclérosait. Mais son génie ne s’est pas cantonné à la seule littérature : se souvenant de ses intérêts premiers pour l’art pictural, il laisse également un grand nombre de tableaux et de dessins dans lesquels on retrouve l’inspiration de ses poèmes.

Ses nouvelles en prose, bien moins connues que ses recueils poétiques, procèdent également de la même veine ; le texte que nous proposons dans ce numéro 3 de Jentayu au lecteur est d’ailleurs à mi-chemin de la poésie et de la prose, par l’onirisme qui s’en dégage mais aussi par une vision presque panthéiste de la Nature, opposée en filigrane à une société humaine dont nous sentons bien qu’elle est plus ou moins condamnée par l’auteur.

Le titre original de la nouvelle proposée ici et publié dans Œuvres poétiques d’Angkarn Kalayanapong (Kinnarin, Bangkok, 2005) est : ญ่า (Yā). Ce titre est en lui-même un jeu de mots poétique mêlant, dans son orthographe comme dans sa prononciation, deux sens, « herbe (หญ้า) » et « grand-mère (ย่า) ».

GILLES DELOUCHE a traduit la nouvelle La vieille, d’ANGKARN KALAYANAPONG, à découvrir dans les pages du numéro 3 de Jentayu.

Photo © Siebe.