Extrait

Les grues – Ballade

Numéro 8

CHAQUE PRINTEMPS, à tire d’aile
Reviennent les grues cendrées
Dans un froissement de plumes bleutées
Les voilà qui, de tous côtés, se posent
On dit des oiseaux migrateurs qu’ils n’ont pas de demeure
L’observation dément le proverbe
Poussées par leur destinée
Les grues reviennent toujours à leur pays natal

Dans un petit coin d’une région paisible
Deux grues en couple, ayant uni leurs destinées
Ont volé jusqu’à l’épuisement de leurs ailes
Elles se posent au pays accoutumé
Nos oiseaux, sans doute habitués aux humains
Année après année, s’installent près d’un campement
Et pondent deux œufs mouchetés

Elles auraient pu, tout au contraire
Cacher leurs œufs, leur descendance
En un lieu intact, jamais foulé
Qui y serait allé ?
Mais en arrivant sur la vaste steppe
Elles n’ont pas songé au malheur
N’ont pas eu de ces pensées noires
Elles ont pondu à nu, sur un lit de galets

(…)

G. MEND-OOYO est l’auteur de Les grues – BalladeL’assemblée des gazelles et Les hirondelles, trois poèmes traduits du mongol par RAPHAËL BLANCHIER et à découvrir en intégralité dans les pages du numéro 8 de Jentayu.

Photo © Tomju48.