Note de lecture Exil

Le calvaire des Rohingyas

Numéro 9

À L’ÉTÉ 2017, plus de 700 000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas du Myanmar ont été soumis à un exode forcé et plus de 10 000 autres ont été tués ou sont aujourd’hui portés disparus. Parmi les « déplacés », plus de 600 000 ont émigré vers le Bangladesh voisin, tout particulièrement vers les districts de Teknaf et de Cox’s Bazar.

Une vingtaine de camps de fortune offrent un sanctuaire temporaire à ces populations frappées par la violente répression militaire qui s’est abattue sur les villages du nord de l’État de Rakhine (anciennement État d’Arakan), au Myanmar. L’armée birmane, soutenue par des milices bouddhistes, a justifié ses actes par un risque sécuritaire : selon elle, ils répondent à des attaques perpétrées le 25 août 2017 par des militants rohingyas contre des postes de police et des bases armées birmanes.

Publié fin août 2018, soit un an après le début de cette escalade de violence, un rapport de l’Organisation des Nations unies accuse les généraux birmans de commettre un « génocide » contre la minorité musulmane de ce pays à majorité bouddhiste. Une dénonciation officielle qui est venue appuyer ce que reporters du monde entier, dont le photojournaliste malaisien Samsul Said, et organisations de défense des droits de l’homme avaient observé depuis des mois.

L’enquête, reposant sur des entretiens avec 875 témoins et survivants, ainsi que l’analyse d’images satellites et d’autres documents, déplore notamment l’inaction de la première conseillère d’État (l’équivalent de Premier ministre) et lauréate du prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Aujourd’hui, un processus de retour des réfugiés, négocié entre le Bangladesh et le Myanmar, est officiellement engagé sur la base du volontariat, mais les candidats sont peu nombreux étant donné les faibles garanties à l’heure actuelle d’un retour paisible et durable. Au contraire, les tentatives d’exode par voie maritime se poursuivent, principalement vers la Malaisie et l’Indonésie, vues comme deux terres d’accueil musulmanes.

SAMSUL SAID est l’auteur de Le calvaire des Rohingyas, un essai photographique à découvrir en intégralité dans les pages du numéro 9 de Jentayu.

Photo : © Samsul Said.