Note de lecture Exil

L’asile des illusions

Numéro 9

NÉ EN 1973 À MIAOLI, Kao Yi-feng fait partie des écrivains taïwanais dont l’identité et les engagements sont fortement liés au fait qu’ils sont nés dans les années 1960 et 1970 (六、七年級作家). Il est l’un des écrivains taïwanais qui, au printemps 2014, ont mis leur plume au service du « mouvement des tournesols ».

Un monde étrange où prime l’imagination

Il a fait des études de droit à l’Université de la culture chinoise, puis a été danseur et écrit des pièces de théâtre avant de se consacrer à l’édition de magazines de mode. Il est rédacteur en chef de l’édition chinoise de FHM, après l’avoir été de Cosmopolitan, MAXIM et GQ. Ces fonctions éditoriales dans des magazines de mode et de luxe éclairent son écriture, en particulier celle de ses nouvelles, sur des thèmes urbains, entre culture locale et tendances pop.

Mais c’est surtout son imagination qui frappe, ainsi que sa stratégie narrative originale. Il a lui-même appelé ses romans « micro-romans », au sens où ils semblent souvent dérivés d’une nouvelle élargie, en effaçant la perception du passage du temps. Son recueil de nouvelles En allant très vite dans une lumière vive est aussi bien un roman construit sur la base de plusieurs nouvelles, comme le roman Cette prison appelée maison  (appelant en filigrane le sens de famille) est aussi bien classée dans ses recueils de nouvelles.

Aujourd’hui, il y a aussi quelque chose de plus en plus baroque dans sa vision des choses, une vision absurde d’un monde déglingué, par l’écriture même, qui débouche sur le fantastique.

Nouvelles et romans, romans ou nouvelles

En 2012, Kao Yi-Feng a été l’un des auteurs sélectionnés par Unitas parmi les 20 écrivains chinois de moins de 40 ans à suivre. Il est le troisième dans la liste, après deux autres auteurs taïwanais, nés en 1972, Kan Yao-ming et Wang Cong-wei.

Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles. Il est aussi l’auteur du scénario d’une série télévisée, « Désincarnation », adapté de l’un de ses romans, qui a obtenu le prix Golden Bell en 2006. Le récit est construit autour de l’histoire de trois femmes : une chanteuse hakka qui désire réaliser un rêve, une femme aborigène qui veut se libérer et une autre femme hakka, médecin légiste, qui est détentrice de lourds secrets.

L’asile des illusions (《幻艙》) serait le premier roman d’une trilogie qui serait construite selon les règles suivantes :

1. espace limité / temps illimité ; 2. espace illimité / temps limité ; 3. espace et temps partiellement limités.

La suite de la note de lecture sur le site Chinese Short Stories.

KAO YI-FENG est l’auteur de L’asile des illusions, un roman dont des extraits traduits du chinois (Taïwan) par GWENNAËL GAFFRIC et à découvrir dans les pages du numéro 9 de Jentayu.

Illustration : © Odelia Tang.