Note de lecture Cartes et Territoires

Lettres familiales du micocoulier

Numéro 4

LIU KA-SHIANG (劉克襄) est considéré comme l’un des représentants les plus importants de la « littérature écologique » et de « l’écriture de la nature » à Taiwan. Promeneur solitaire, cet écrivain prolifique qui se décrit lui-même comme un « observateur de la nature », à la fois romancier, poète, essayiste, auteur de guides de voyage, cherche à promouvoir l’écotourisme en exhortant à protéger l’environnement. Il attire l’attention sur la cruauté humaine envers la nature, la destruction égocentrique de l’habitat animalier et le remplacement du concept darwinien de survie du plus fort par celui de la survie en coexistence comme nouvelle forme de relation biosphérique.

Liu Ka-shiang observe les oiseaux depuis les années 1980. Cherchant un équilibre entre science et littérature dans ses écrits, qu’il enrichit très souvent de dessins ou de photographies, il ajoute à son observation une réflexion philosophique sur la nature, la culture et l’histoire. Il montre la dignité des oiseaux, l’importance de l’expérience, de la souffrance, leur faculté d’adaptation, la nécessité de l’entraide dans une communauté.

Lettres familiales du micocoulier (山黃麻家書), recueil d’essais écrits sous la forme de lettres adressées à ses deux fils publié en 2012, est une sorte de guide écologique sur les paysages de Taiwan, dont on découvre la beauté naturelle et la diversité biologique. Il met l’accent sur l’omniprésence de la nature, que l’on peut trouver même à la ville. Plus jeune, Liu Ka-shiang faisait souvent des excursions en haute montagne, mais il s’est concentré plus récemment sur son environnement immédiat, une petite montagne située à proximité de sa maison. Les illustrations accompagnant ses essais leur confèrent un aspect unique.

MARIE LAUREILLARD a traduit du chinois (Taiwan) des extraits de Lettres familiales du micocoulier,  une série d’essais de LIU KA-SHIANG à découvrir dans les pages du numéro 4 de Jentayu.

Photo © Liu Ka-shiang.