Note de lecture Cartes et Territoires

Subtopie et unitopie

Numéro 4

NÉ EN 1967, Dung Kai-cheung (董啟章) est romancier, dramaturge et essayiste. Il est l’un des auteurs hongkongais contemporains les plus primés. Il enseigne la littérature à l’Université chinoise de Hong Kong. Il aime citer parmi ses sources d’inspiration principales Jorge Luis Borges, Italo Calvino ou l’écrivain japonais Kenzaburō Ōe.

Ses œuvres sont pour la plus grande majorité publiées par des maisons d’édition taïwanaises. C’est notamment le cas de la monumentale Trilogie de l’histoire naturelle (自然史三部曲, Ziranshi sanbuqu), entamée en 2005 et non encore achevée, ensemble romanesque autour de l’histoire et du futur de Hong Kong, dans lesquelles Dung explore plus en profondeur des réflexions et des thématiques déjà présentes dans ses œuvres antérieures (le rapport de l’espace et du temps ; l’humanité et la question des espèces biologiques ; l’histoire des objets…).

Écrit en 1996, à la veille de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, Atlas : Archéologie d’une ville imaginaire, dont nous proposons quelques extraits dans ce numéro de Jentayu, est l’un des quatre ouvrages d’une quadrilogie consacrée à la ville fictive de Victoria – le nom choisi par l’auteur pour désigner Hong Kong.

Rédigé avec la perspective d’un archéologue/cartographe du futur, le livre constitue une exploration des origines et de l’évolution de la ville à travers une réflexion poétique sur ses cartes, réelles ou fictives. À la frontière de la fiction, de l’histoire et de la philosophie et dans une prose qui rappelle les essais de Borges ou d’Eco, Dung Kai-cheung recrée Hong Kong à coup de reliques et de fragments d’ouvrages savants ou historiques tantôt tirés du réel, tantôt de son imagination, questionnant la réalité, l’authenticité et les transmutations du signifiant « Hong Kong » dans l’histoire.

L’ouvrage se divise en quatre chapitres : « Théorie », « Ville », « Rues » et « Signes », autant de variations sur les différentes vies, réelles et rêvées, d’une ville au carrefour d’un bouleversement majeur de son destin.

GWENNAËL GAFFRIC a traduit du chinois (Hong Kong) Subtopie et Unitopie, des extraits d’un essai de DUNG KAI-CHEUNG à découvrir dans les pages du numéro 4 de Jentayu.

Photo © Columbia University Press.